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Roberto Romano
A língua das serpentes
Elias Canetti, ganhador do prêmio Nobel, dedica páginas de seu monumento, Massa e Poder à descrição das posturas do corpo humano. Qual o significado da posição ereta, deitada, de cócoras etc? Os que se acostumaram ao banal não discutem tais pontos e deixam de perceber os valores complexos da vida humana coletiva. Gestos "simples" foram aprendidos em séculos, ou milênios, de prática, normalmente de ensaio e de erro, nos tratos de nossa forma corpórea com a natureza.
Os poetas realçam a importância da postura corporal na formação da alma humana. Com aliterações estratégicas, Shakespeare e Racine ** tornaram visíveis as comparações éticas e morais antigas, gregas e judaicas, do homem com a serpente.
O domínio da víbora, no plano social, é a insinuação, a calúnia, o rumor. Hobbes definia a "vida pública" como o lugar onde cada indivíduo padece "a zombaria" dos outros e, por sua vez, deles caçoa. A política, no seu juízo, é o modo de fazer "inimizades certas (pois isto é infalível, quer sejamos vencidos, quer vençamos); odiar e ser odiado, devido à dissemelhança das opiniões". A "vida" social é meio envenenada pelas serpes: "nas assembléias", diz ainda Hobbes, "retalha-se os ausentes, suas vidas são examinadas, todas as suas ações ficam expostas, e eles tornam-se assunto de caçoada, desfolhando-se suas palavras (...) Isto me leva a elogiar vigorosamente o conselho daquele sujeito que era sempre o último a se retirar de uma reunião" (De cive).
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Racine (1639-1699), Andromaque (1667)
Acte V, scène 5, commentaire
(Hermione vient de se suicider sur le corps de Pyrrhus)
[Nous sommes à la fin de la pièce.]ORESTE
[1613] Grâce aux Dieux ! Mon malheur passe mon espérance.
Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance.
Appliqué sans relâche au soin de me punir,
Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
J'étois né pour servir d'exemple à ta colère,
Pour être du malheur un modèle accompli.
Hé bien ! je meurs content, et mon sort est rempli.
Où sont ces deux amants ? Pour couronner ma joie,
Dans leur sang, dans le mien il faut que je me noie ;
L'un et l'autre en mourant je les veux regarder.
Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder.
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au ciel, j'entrevoi.
Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !PYLADE
Ah ! Seigneur.ORESTE
Quoi ? Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? À mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
À qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.