Monde 06/04/2009 à 07h09 (mise à jour le 07/04/2009 à 11h59)
Italie: 179 morts, 1 500 blessés, 17 000 sans-abri
La terre a fortement tremblé dans la nuit de dimanche à lundi dans le centre du pays. La secousse, qui a frappé la région des Abruzzes, a été ressentie jusqu'à Rome.
Sur la place d'Aquila après le seisme. (REUTERS/Alessandro Bianchi)
Plusieurs centaines de rescapés du tremblement de terre en Italie ont passé une deuxième nuit dans le froid et l’angoisse de nouvelles secousses après le violent séisme qui a frappé lundi le centre du pays, faisant au moins 179 morts, 1.500 blessés et 17.000 sans-abri.
Le séisme, le plus meurtrier depuis 30 ans, a également fait 34 disparus, selon un nouveau bilan provisoire mardi du centre de coordination des secours de L’Aquila, la ville la plus touchée. Quarante morts n’ont pas encore été identifiés.
A San Cisto, sur un grand parking un peu à l’écart du centre de L’Aquila, des dizaines d’habitants ont passé la nuit de lundi à mardi dans leur voiture pour se protéger d’une température glaciale.
«Nous n’avons eu qu’un café. Personne ne s’occupe de nous», s’énerve Giovanni. «J’ai eu très froid. C’est terrible», se plaint un autre sans-abri. Un jeune couple avec son bébé de trois mois a passé sa deuxième nuit dans sa voiture, préférant quitter sa maison dès que la terre l’a fait vaciller dans la nuit de dimanche à lundi.
Petit miracle de cette tragédie, une jeune étudiante de 24 ans, Marta Valente, a eu la chance d’être retrouvée vivante et en bonne santé dans la nuit de lundi à mardi après avoir passé 23 heures sous les décombres d’un édifice de quatre étages.
Un jeune étudiant grec a en revanche été retiré mort des décombres, selon le ministère grec des Affaires étrangères.
Plus de cent personnes ont été sorties vivantes des décombres au cours de la journée de lundi, selon les pompiers.
Quelque 280 répliques ont eu lieu depuis le séisme qui s’est produit lundi à 03h30 (01h30 GMT) d’une magnitude du moment de 6,2 et dont l’hypocentre se situait sous la ville de L’Aquila.
Le nombre de sans-abri évalué dans un premier temps à 50.000 a été nettement revu à la baisse mardi à 17.000.
Beaucoup de quartiers de L’Aquila n’ont plus l’électricité, plus d’eau et les services de secours n’ont pas encore eu la possibilité d’installer partout des cantines mobiles ou des WC chimiques.
Une dizaine de casernes, stades ou gymnases ont été aménagés en centres d’accueil et des tentes ont été montées pour les réfugiés.
Beaucoup d’habitants de cette cité médiévale du XIIIe siècle, bourgeoise et commerçante, avaient cependant commencé à quitter les lieux dès lundi matin. Une valise à la main, une couverture sur les épaules pour se réfugier chez de la famille ou des amis.
«C’était l’apocalypse, vingt secondes d’enfer, c’était très long. Ma maison est détruite», a raconté une habitante, Maria Francesco, peu après la secousse qui a frappé L’Aquila (60.000 habitants), capitale de la province montagneuse des Abruzzes (à environ 100 km au nord-est de Rome), ainsi que plusieurs bourgs environnants, dont Onna.
D’Onna, village martyr, il ne reste qu’un énorme tas de gravats et des maisons comme éventrées par un bombardement, une tragédie qui a fait 40 morts sur les 300 personnes qui y vivaient.
Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui a décrété l’état d’urgence, était attendu sur place à la mi-journée alors que 5.000 personnes participent aux secours.
La protection civile a décompté plus de 10.000 maisons et édifices endommagés dans cette zone riche en monuments baroques, dont plusieurs églises et un château du XVe siècle.
Trente millions d’euros ont été débloqués d’urgence, a annoncé M. Berlusconi. Selon une première estimation gouvernementale, 1,3 milliard d’euros seront nécessaires pour la reconstruction des bâtiments et des maisons privées.
M. Berlusconi a précisé que «35 pays au total» avaient offert leur aide à l’Italie mais que, «dans l’immédiat», celle-ci n’était «pas nécessaire».
Avant celui de lundi, le séisme le plus meurtrier en Italie s’était produit le 23 novembre 1980 et avait fait 2.916 morts et 20.000 blessés dans la région de Naples (sud).
(Source AFP)