quarta-feira, 4 de março de 2009

Um remédio contra a burrice brasileira, fornecido por Blaise Pascal.

Pascal, Carta 11a sobre o riso devido à presunção humana e à tolice. Segue abaixo o texto da Gallica, Biblioteca Nacional da França. Quem deseja "desemburrar"no Brasil, lerá com muito proveito a carta inteira. Após o texto francês, segue a boa tradução de Thomas M'Crie, em inglês, com link para a página da Universidade de Oregon. Pascal conhece a corrupção política e administrativa. Ele finventou o ônibus, meio de transporte mais barato do que o cavalo ou carruagem nobre. Mas para colocar suas linhas em Paris, como a cidade era dividida em "quartiers", ou seja, cirscunscrições, para cada uma delas era preciso a licença. E para tal fim, seria preciso pagar uma "gorgeta"aos responsáveis. Pascal pagou e a linha de ônibus foi um sucesso. Viram até onde vai a crônica que no Brasil passa pelas prefeituras, incluindo a de Santo André, na época de Celso Daniel ? Boa leitura e boas risadas, com interferências das lágrimas.
RR


Onzième lettre

Du 18 août 1656.

Mes Révérends Pères,

J'ai vu les lettres que vous débitez contre celles que j'ai écrites à un de mes amis sur le sujet de votre morale, où l'un des principaux points de votre défense est que je n'ai pas parlé assez sérieusement de vos maximes: c'est ce que vous répétez dans tous vos écrits, et que vous poussez jusqu'à dire Que j'ai tourné les choses saintes en raillerie.

Ce reproche, mes Pères, est bien surprenant et bien injuste; car en quel lieu trouvez-vous que je tourne les choses saintes en raillerie? Vous marquez en particulier le contrat Mohatra, et l'histoire de Jean d'Alba. Mais est-ce cela que vous appelez des choses saintes? Vous semble-t-il que le Mohatra soit une chose si vénérable, que ce soit un blasphème de n'en pas parler avec respect? Et les leçons du P. Bauny pour le larcin, qui portèrent Jean d'Alba à le pratiquer contre vous-mêmes, sont-elles si sacrées, que vous ayez droit de traiter d'impies ceux qui s'en moquent?

Quoi! mes Pères, les imaginations de vos auteurs passeront pour les vérités de la foi, et on ne pourra se moquer des passages d'Escobar, et des décisions si fantasques et si peu chrétiennes de vos autres auteurs, sans qu'on soit accusé de rire de la religion? Est-il possible que vous ayez osé redire si souvent une chose si peu raisonnable? et ne craignez-vous point, en me blâmant de m'être moqué de vos égarements, de me donner un nouveau sujet de me moquer de ce reproche, et de le faire retomber sur vous-mêmes, en montrant que je n'ai pris sujet de rire que de ce qu'il y a de ridicule dans vos livres; et qu'ainsi, en me moquant de votre morale, j'ai été aussi éloigné de me moquer des choses saintes, que la doctrine de vos casuistes est éloignée de la doctrine sainte de l'Evangile?

En vérité, mes Pères, il y a bien de la différence entre rire de la religion, et rire de ceux qui la profanent par leurs opinions extravagantes. Ce serait une impiété de manquer de respect pour les vérités que l'esprit de Dieu a révélées: mais ce serait une autre impiété de manquer de mépris pour les faussetés que l'esprit de l'homme leur oppose.

Car, mes Pères, puisque vous m'obligez d'entrer en ce discours, je vous prie de considérer que, comme les vérités chrétiennes sont dignes d'amour et de respect, les erreurs qui leur sont contraires sont dignes de mépris et de haine, parce qu'il y a deux choses dans les vérités de notre religion: une beauté divine qui les rend aimables, et une sainte majesté qui les rend vénérables; et qu'il y a aussi deux choses dans les erreurs: l'impiété qui les rend horribles, et l'impertinence qui les rend ridicules. C'est pourquoi, comme les saints ont toujours pour la vérité ces deux sentiments d'amour et de crainte, et que leur sagesse est toute comprise entre la crainte qui en est le principe, et l'amour qui en est la fin, les saints ont aussi pour l'erreur ces deux sentiments de haine et de mépris, et leur zèle s'emploie également à repousser avec force la malice des impies, et à confondre avec risée leur égarement et leur folie.

Ne prétendez donc pas, mes Pères, de faire accroire au monde que ce soit une chose indigne d'un chrétien de traiter les erreurs avec moquerie, puisqu'il est aisé de faire connaître à ceux qui ne le sauraient pas que cette pratique est juste, qu'elle est commune aux Pères de l'Eglise, et qu'elle est autorisée par l'Ecriture, par l'exemple des plus grands saints, et par celui de Dieu même.

Car ne voyons-nous pas que Dieu hait et méprise les pécheurs tout ensemble, jusque-là même qu'à l'heure de leur mort, qui est le temps où leur état est le plus déplorable et le plus triste, la sagesse divine joindra la moquerie et la risée à la vengeance et à la fureur qui les condamnera à des supplices éternels: In interitu vestro ridebo et subsannabo? Et les saints, agissant par le même esprit, en useront de même, puisque, selon David, quand ils verront la punition des méchants, ils en trembleront et en riront en même temps: Videbunt justi et timebunt: et super eum ridebunt. Et Job en parle de même: Innocens subsannabit eos.

Mais c'est une chose bien remarquable sur ce sujet, que, dans les premières paroles que Dieu a dites à l'homme depuis sa chute, on trouve un discours de moquerie, et une ironie piquante, selon les Pères. Car, après qu'Adam eut désobéi, dans l'espérance que le démon lui avait donnée d'être fait semblable à Dieu, il paraît par l'Ecriture que Dieu, en punition, le rendit sujet à la mort, et qu'après l'avoir réduit à cette misérable condition qui était due à son péché, il se moqua de lui en cet état par ces paroles de risée: Voilà l'homme qui est devenu comme l'un de nous: Ecce Adam quasi unus ex nobis: Ce qui est une ironie sanglante et sensible dont Dieu le piquait vivement, selon saint Chrysostome et les interprètes. Adam, dit Rupert, méritait d'être raillé par cette ironie, et on lui faisait sentir sa folie bien plus vivement par cette expression ironique que par une expression sérieuse. Et Hugues de Saint-Victor, ayant dit la même chose, ajoute que cette ironie était due à sa sotte crédulité; et que cette espèce de raillerie est une action de justice, lorsque celui envers qui on en use l'a méritée.

Vous voyez donc, mes Pères, que la moquerie est quelquefois plus propre à faire revenir les hommes de leurs égarements, et qu'elle est alors une action de justice; parce que, comme dit Jérémie, les actions de ceux qui errent sont dignes de risée, à cause de leur vanité: vana sunt et risu digna. Et c'est si peu une impiété de s'en rire, que c'est l'effet d'une sagesse divine, selon cette parole de saint Augustin: Les sages rient des insensés, parce qu'ils sont sages, non pas de leur propre sagesse, mais de cette sagesse divine qui rira de la mort des méchants.

Aussi les Prophètes remplis de l'esprit de Dieu ont usé de ces moqueries, comme nous voyons par les exemples de Daniel et d'Elie. Enfin il s'en trouve des exemples dans les discours de Jésus-Christ même; et saint Augustin remarque que, quand il voulut humilier Nicodème, qui se croyait habile dans l'intelligence de la loi: Comme il le voyait enflé d'orgueil par sa qualité de Docteur des Juifs, il exerce et étonne sa présomption par la hauteur de ses demandes, et l'ayant réduit à l'impuissance de répondre: Quoi! lui dit-il, vous êtes maîtres en Israël, et vous ignorez ces choses? Ce qui est le même que s'il eût dit: Prince superbe, reconnaissez que vous ne savez rien Et saint Chrysostome et saint Cyrille disent sur cela qu'il méritait d'être joué de cette sorte.

Vous voyez, donc, mes Pères, que, s'il arrivait aujourd'hui que des personnes qui feraient les maîtres envers les Chrétiens, comme Nicodème et les Pharisiens envers les juifs, ignoraient les principes de la religion, et, soutenaient, par exemple, qu'on peut être sauvé sans avoir jamais aimé Dieu en toute sa vie on suivrait en cela l'exemple de Jésus-Christ, en se jouant de leur vanité et de leur ignorance.

Je m'assure, mes Pères, que ces exemples sacrés suffisent pour vous faire entendre que ce n'est pas une conduite contraire à celle des Saints de rire des erreurs et des égarements des hommes: autrement il faudrait blâmer celle des plus grands docteurs de l'Eglise qui l'ont pratiquée, comme saint Jérôme dans ses lettres et dans ses écrits contre Jovinien, Vigilance, et les Pélagiens; Tertullien, dans son Apologétique contre les folies des idolâtres; saint Augustin contre les religieux d'Afrique, qu'il appelle les Chevelus; saint Irénée contre les Gnostiques; saint Bernard et les autres Pères de l'Eglise, qui, ayant été les imitateurs des Apôtres, doivent être imités par les fidèles dans toute la suite des temps, puisqu'ils sont proposés, quoi qu'on en dise, comme le véritable modèle des chrétiens mêmes d'aujourd'hui.

Je n'ai donc pas cru faillir en les suivant. Et, comme je pense l'avoir assez montré, je ne dirai plus sur ce sujet que ces excellentes paroles de Tertullien, qui rendent raison de tout mon procédé. Ce que j'ai fait n'est qu'un jeu avant un véritable combat. J'ai plutôt montré les blessures qu'on vous peut faire que je ne vous en ai fait. Que s'il se trouve des endroits où l'on soit excité à rire, c'est parce que les sujets mêmes y portaient. Il y a beaucoup de choses qui méritent d'être moquées et jouées de la sorte, de peur de leur donner du poids en les combattant sérieusement. Rien n'est plus dû à la vanité que la risée; et c'est proprement à la vérité à qui il appartient de rire, parce qu'elle est gaie, et de se jouer de ses ennemis, parce qu'elle est assurée de la victoire. Il est vrai qu'il faut prendre garde que les railleries ne soient pas basses et indignes de la vérité. Mais, à cela près, quand on pourra s'en servir avec adresse, c'est un devoir que d'en user. Ne trouvez-vous pas, mes Pères, que ce passage est bien juste à notre sujet? Les lettres que j'ai faites jusqu'ici ne sont qu'un jeu avant un véritable combat. Je n'ai fait encore que me jouer, et vous montrer plutôt les blessures qu'on vous peut faire que je ne vous en ai fait. J'ai exposé simplement vos passages sans y faire presque de réflexion. Que si on y a été excité à rire, c'est parce que les sujets y portaient d'eux-mêmes. Car, qu'y a-t-il de plus propre à exciter à rire que de voir une chose aussi grave que la morale chrétienne remplie d'imaginations aussi grotesques que les vôtres? On conçoit une si haute attente de ces maximes, qu'on dit que Jésus-Christ a lui-même révélées à des Pères de la Société, que quand on y trouve qu'un prêtre qui a reçu de l'argent pour dire une Messe peut, outre cela, en prendre d'autres personnes, en leur cédant toute la part qu'il a au sacrifice; qu'un religieux n'est pas excommunié pour quitter son habit lorsque c'est pour danser, pour filouter, ou pour aller incognito en des lieux de débauche; et qu'on satisfait au précepte d'unir la messe en entendant quatre quarts de messe à la fois de différents prêtres, lors, dis-je, qu'on entend ces décisions et autres semblables, il est impossible que cette surprise ne fasse rire, parce que rien n'y porte davantage qu'une disproportion surprenante entre ce qu'on attend et ce qu'on voit. Et comment aurait-on pu traiter autrement la plupart de ces matières, puisque ce serait les autoriser que de les traiter sérieusement, selon Tertullien?

Quoi! faut-il employer la force de l'Ecriture et de la tradition pour montrer que c'est tuer son ennemi en trahison que de lui donner des coups d'épée par derrière, et dans une embûche; et que c'est acheter un bénéfice que de donner de l'argent comme un motif pour se le faire résigner? Il y a donc [des] matières qu'il faut mépriser, et qui méritent d'être jouées et moquées. Enfin ce que dit cet ancien auteur, que rien n'est plus dû à la vanité que la risée, et le reste de ces paroles s'applique ici avec tant de justesse, et avec une force si convaincante, qu'on ne saurait plus douter qu'on peut bien rire des erreurs sans blesser la bienséance.

Et je vous dirai aussi, mes Pères, qu'on en peut rire sans blesser la charité, quoique ce soit une des choses que vous me reprochez encore dans vos écrits. Car la charité oblige quelquefois à rire des erreurs des hommes, pour les porter eux-mêmes à en rire et à les fuir, selon cette parole de saint Augustin: Hoec tu misericorditer irride, ut eis ridenda ac fugienda commendes. Et la même charité oblige aussi quelquefois à les repousser avec colère, selon cette autre parole de saint Grégoire de Nazianze: L'esprit de charité et de douceur a ses émotions et ses colères. En effet, comme dit saint Augustin: Qui oserait dire que la vérité doit demeurer désarmée contre le mensonge, et qu'il sera permis aux ennemis de la foi d'effrayer les fidèles par des paroles fortes, et de les réjouir par des rencontres d'esprit agréables; mais que les catholiques ne doivent écrire qu'avec une froideur de style qui endorme les lecteurs?

Ne voit-on pas que, selon cette conduite, on laisserait introduire dans l'Eglise les erreurs les plus extravagantes et les plus pernicieuses, sans qu'il fût permis de s'en moquer avec mépris, de peur d'être accusé de blesser la bienséance, ni de les confondre avec véhémence, de peur d'être accusé de manquer de charité?

Quoi! mes Pères, il vous sera permis de dire qu'on peut tuer pour éviter un soufflet et une injure, et il ne sera pas permis de réfuter publiquement une erreur publique d'une telle conséquence? Vous aurez la liberté de dire qu'un juge peut en conscience retenir ce qu'il a reçu pour faire une injustice, sans qu'on ait la liberté de vous contredire? Vous imprimerez, avec privilège et approbation de vos docteurs, qu'on peut être sauvé sans avoir jamais aimé Dieu, et vous fermerez la bouche à ceux qui défendront la vérité de la foi, en leur disant qu'ils blesseraient la charité de frères en vous attaquant, et la modestie de Chrétiens en riant de vos maximes? Je doute, mes Pères, qu'il y ait des personnes à qui vous ayez pu le faire accroire; mais néanmoins, s'il s'en trouvait qui en fussent persuadés, et qui crussent que j'aurais blessé la charité que je vous dois, en décriant votre morale, je voudrais bien qu'ils examinassent avec attention d'où naît en eux ce sentiment. Car encore qu'ils s'imaginent qu'il part de leur zèle, qui n'a pu souffrir sans scandale de voir accuser leur prochain; je les prierais de considérer qu'il n'est pas impossible qu'il vienne d'ailleurs, et qu'il est même assez vraisemblable qu'il vient du déplaisir secret et souvent caché à nous-mêmes, que le malheureux fond qui est en nous ne manque jamais d'exciter contre ceux qui s'opposent au relâchement des moeurs. Et pour leur donner une règle qui leur en fasse reconnaître le véritable principe, je leur demanderai si, en même temps qu'ils se plaignent de ce qu'on a traité de la sorte des religieux, ils se plaignent encore davantage de ce que des religieux ont traité la vérité de la sorte. Que s'ils sont irrités non seulement contre les lettres, mais encore plus contre les maximes qui y sont rapportées, j'avouerai qu'il se peut faire que leur ressentiment parte de quelque zèle, mais peu éclairé; et alors les passages qui sont ici suffiront pour les éclaircir. Mais s'ils s'emportent seulement contre les répréhensions, et non pas contre les choses qu'on a reprises, en vérité, mes Pères, je ne m'empêcherai jamais de leur dire qu'ils sont grossièrement abusés, et que leur zèle est bien aveugle.

Etrange zèle qui s'irrite contre ceux qui accusent des fautes publiques, et non pas contre ceux qui les commettent! Quelle nouvelle charité qui s'offense de voir confondre des erreurs manifestes et qui ne s'offense point de voir renverser la morale par ces erreurs! Si ces personnes étaient en danger d'être assassinées, s'offenseraient-elles de ce qu'on les avertirait de l'embûche qu'on leur dresse; et au lieu de se détourner de leur chemin pour l'éviter, s'amuseraient-elles à se plaindre du peu de charité qu'on aurait eu de découvrir le dessein criminel de ces assassins? S'irritent-elles lorsqu'on leur dit de ne manger pas d'une viande, parce qu'elle est empoisonnée, ou de n'aller pas dans une ville, parce qu'il y a de la peste?

D'où vient donc qu'ils trouvent qu'on manque de charité quand on découvre les maximes nuisibles à la religion, et qu'ils croient au contraire qu'on manquerait de charité, si on ne leur découvrait pas les choses nuisibles à leur santé et à leur vie, sinon parce que l'amour qu'ils ont pour la vie leur fait recevoir favorablement tout ce qui contribue à la conserver, et que l'indifférence qu'ils ont pour la vérité fait que non seulement ils ne prennent aucune part à sa défense, mais qu'ils voient même avec peine qu'on s'efforce de détruire le mensonge?

Qu'ils considèrent donc devant Dieu combien la morale que vos casuistes répandent de toutes parts est honteuse et pernicieuse à l'Eglise; combien la licence qu'ils introduisent dans les moeurs est scandaleuse et démesurée; combien la hardiesse avec laquelle vous les soutenez est opiniâtre et violente. Et s'ils ne jugent qu'il est temps de s'élever contre de tels désordres, leur aveuglement sera aussi à plaindre que le vôtre, mes Pères, puisque et vous et eux avez un pareil sujet de craindre cette parole de saint Augustin sur celle de Jésus-Christ dans l'Evangile: Malheur aux aveugles qui conduisent! malheur aux aveugles qui sont conduits! voe coecis ducentibus! voe coecis sequentibus!

Mais afin que vous n'ayez plus lieu de donner ces impressions aux autres, ni de les prendre vous-mêmes, je vous dirai, mes Pères (et je suis honteux de ce que vous m'engagez à vous dire ce que je devrais apprendre de vous), je vous dirai donc quelles marques les Pères de l'Eglise nous ont données pour juger si les répréhensions partent d'un esprit de piété et de charité, ou d'un esprit d'impiété et de haine.

La première de ces règles est que l'esprit de piété porte toujours à parler avec vérité et sincérité; au lieu que l'envie et la haine emploient le mensonge et la calomnie: splendentia et vehementia, sed rebus veris, dit saint Augustin. Quiconque se sert du mensonge agit par l'esprit du diable. Il n'y a point de direction d'intention qui puisse rectifier la calomnie: et quand il s'agirait de convertir toute la terre, il ne serait pas permis de noircir des personnes innocentes; parce qu'on ne doit pas faire le moindre mal pour en faire réussir le plus grand bien, et que la vérité de Dieu n'a pas besoin de notre mensonge, selon l'Ecriture. Il est du devoir des défenseurs de la vérité, dit saint Hilaire, de n'avancer que des choses vraies. Aussi, mes Pères, je puis dire devant Dieu qu'il n'y a rien que je déteste davantage que de blesser tant soit peu la vérité; et que j'ai toujours pris un soin très particulier non seulement de ne pas falsifier, ce qui serait horrible, mais de ne pas altérer ou détourner le moins du monde le sens d'un passage. De sorte que, si j'osais me servir, en cette rencontre, des paroles du même saint Hilaire, je pourrais bien vous dire avec lui: Si nous disons des choses fausses, que nos discours soient tenus pour infâmes; mais si nous montrons que celles que nous produisons sont publiques et manifestes, ce n'est point sortir de la modestie et de la liberté apostolique de les reprocher.

Mais ce n'est pas assez, mes Pères, de ne dire que des choses vraies, il faut encore ne pas dire toutes celles qui sont vraies, parce qu'on ne doit rapporter que les choses qu'il est utile de découvrir, et non pas celles qui ne pourraient que blesser sans apporter aucun fruit. Et ainsi, comme la première règle est de parler avec vérité, la seconde est de parler avec discrétion. Les méchants, dit saint Augustin, persécutent les bons en suivant l'aveuglement de la passion qui les anime; au lieu que les bons persécutent les méchants avec une sage discrétion: de même que les chirurgiens considèrent ce qu'ils coupent, au lieu que les meurtriers ne regardent point où ils frappent. Vous savez bien, mes Pères, que je n'ai pas rapporté, des maximes de vos auteurs, celles qui vous auraient été les plus sensibles, quoique j'eusse pu le faire, et même sans pécher contre la discrétion, non plus que de savants hommes et très catholiques, mes Pères, qui l'ont fait autrefois; et tous ceux qui ont lu vos auteurs savent aussi bien que vous combien en cela je vous ai épargnés: outre que je n'ai parlé en aucune sorte contre ce qui vous regarde chacun en particulier; et je serais fâché d'avoir rien dit des fautes secrètes et personnelles, quelque preuve que j'en eusse. Car je sais que c'est le propre de la haine et de l'animosité, et qu'on ne doit jamais le faire, à moins qu'il y en ait une nécessité bien pressante pour le bien de l'Eglise. Il est donc visible que je n'ai manqué en aucune sorte à la discrétion, dans ce que j'ai été obligé de dire touchant les maximes de votre morale, et que vous avez plus de sujet de vous louer de ma retenue que de vous plaindre de mon indiscrétion.

La troisième règle, mes Pères, est que quand on est obligé d'user de quelques railleries, l'esprit de piété porte à ne les employer que contre les erreurs, et non pas contre les choses saintes; au lieu que l'esprit de bouffonnerie, d'impiété et d'hérésie, se rit de ce qu'il y a de plus sacré. Je me suis déjà justifié sur ce point; et on est bien éloigné d'être exposé à ce vice quand on n'a qu'à parler des opinions que j'ai rapportées de vos auteurs.

Enfin, mes Pères, pour abréger ces règles, je ne vous dirai plus que celle-ci, qui est le principe et la fin de toutes les autres: c'est que l'esprit de charité porte à avoir dans le coeur le désir du salut de ceux contre qui on parle, et à adresser ses prières à Dieu en même temps qu'on adresse ses reproches aux hommes. On doit toujours, dit saint Augustin, conserver la charité dans le coeur, lors même qu'on est obligé de faire au-dehors des choses qui paraissent rudes aux hommes, et de les frapper avec une âpreté dure, mais bienfaisante, leur utilité devant être préférée à leur satisfaction. Je crois, mes Pères, qu'il n'y a rien dans mes lettres qui témoigne que je n'aie pas eu ce désir pour vous; et ainsi la charité vous oblige à croire que je l'ai eu en effet, lorsque vous n'y voyez rien de contraire. Il paraît donc par là que vous ne pouvez montrer que j'aie péché contre cette règle, ni contre aucune de celles que la charité oblige de suivre; et c'est pourquoi vous n'avez aucun droit de dire que je l'aie blessée en ce que j'ai fait.

Mais si vous voulez, mes Pères, avoir maintenant le plaisir de voir en peu de mots une conduite qui pèche contre chacune de ces règles, et qui porte véritablement le caractère de l'esprit de bouffonnerie, d'envie et de haine, je vous en donnerai des exemples; et, afin qu'ils vous soient plus connus et plus familiers, je les prendrai de vos écrits mêmes.

Car, pour commencer par la manière indigne dont vos auteurs parlent des choses saintes, soit dans leurs railleries, soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux, trouvez-vous que tant de contes ridicules de votre P. Binet, dans sa Consolation des malades soient fort propres au dessein qu'il avait pris de consoler chrétiennement ceux que Dieu afflige? Direz-vous que la manière si profane et si coquette dont votre P. Le Moyne a parlé de la piété dans sa Dévotion Aisée, soit plus propre à donner du respect que du mépris pour l'idée qu'il forme de la vertu chrétienne? Tout son livre des Peintures Morales respire-t-il autre chose, et dans sa prose et dans ses vers, qu'un esprit plein de la vanité et des folies du monde? Est-ce une pièce digne d'un prêtre que cette ode du 7. livre intitulée: Eloge de la pudeur, où il est montré que toutes les belles choses sont rouges, ou sujettes à rougir? C'est ce qu'il fit pour consoler une dame, qu'il appelle Delphine, de ce qu'elle rougissait souvent. Il dit donc, à chaque stance, que quelques-unes des choses les plus estimées sont rouges, comme les roses, les grenades, la bouche, la langue; et c'est parmi ces galanteries, honteuses à un religieux, qu'il ose mêler insolemment ces esprits bienheureux qui assistent devant Dieu, et dont les Chrétiens ne doivent parler qu'avec vénération:

Les Chérubins, ces glorieux,

Composés de tête et de plume,

Que Dieu de son esprit allume,

Et qu'il éclaire de ses yeux;

Ces illustres faces volantes

Sont toujours rouges et brûlantes,

Soit du feu de Dieu, soit du leur,

Et dans leurs flammes mutuelles

Font du mouvement de leurs ailes

Un éventail à leur chaleur.

Mais la rougeur éclate en toi,

Delphine, avec plus d'avantage,

Quand l'honneur est sur ton visage

Vêtu de pourpre comme un roi, etc.

Qu'en dites-vous, mes Pères? Cette préférence de la rougeur de Delphine à l'ardeur de ces esprits qui n'en ont point d'autre que la charité, et la comparaison d'un éventail avec ces ailes mystérieuses, vous paraît-elle fort chrétienne dans une bouche qui consacre le Corps adorable de Jésus-Christ? je sais qu'il ne l'a dit que pour faire le galant et pour rire; mais c'est cela qu'on appelle rire des choses saintes. Et n'est-il pas vrai que, si on lui faisait justice, il ne se garantirait pas d'une censure, quoique, pour s'en défendre, il se servît de cette raison, qui n'est pas elle-même moins censurable, qu'il rapporte au livre I: Que la Sorbonne n'a point de juridiction sur le Parnasse, et que les erreurs de ce pays-là ne sont sujettes ni aux Censures, ni à l'Inquisition, comme s'il n'était défendu d'être blasphémateur et impie qu'en prose. Mais au moins on n'en garantirait pas par là cet autre endroit de l'avant-propos du même livre: Que l'eau de la rivière au bord de laquelle il a composé ses vers est si propre à faire des poètes, que, quand on en ferait de l'eau bénite, elle ne chasserait pas le démon de la poésie: non plus que celui-ci de votre P. Garasse dans sa Somme des Vérités Capitales de la Religion, p. 649, où il joint le blasphème à l'hérésie, en parlant du mystère sacré de l'Incarnation en cette sorte: La personnalité humaine a été comme entée ou mise à cheval sur la personnalité du Verbe. Et cet autre endroit du même auteur, P. 510, sans en rapporter beaucoup d'autres, où il dit sur le sujet du nom de Jésus, figuré ordinairement ainsi IHS: Que quelques-uns en ont ôté la croix pour prendre les seuls caractères en cette sorte, IHS, qui est un Jésus dévalisé.

C'est ainsi que vous traitez indignement les vérités de la religion, contre la règle inviolable qui oblige à n'en parler qu'avec révérence, mais vous ne péchez pas moins contre celle qui oblige à ne parler qu'avec vérité et discrétion. Qu'y a-t-il de plus ordinaire dans vos écrits que la calomnie? Ceux du P. Brisacier sont-ils sincères? Et parle-t-il avec vérité quand il dit, 4e part., P. 24 et 15 que les religieuses de Port-Royal ne prient pas les saints, et qu'elles n'ont point d'images dans leur église? Ne sont-ce pas des faussetés bien hardies, puisque le contraire paraît à la vue de tout Paris? Et parle-t-il avec discrétion, quand il déchire l'innocence de ces filles, dont la vie est si pure et si austère, quand il les appelle des Filles impénitentes, asacramentaires, incommuniantes, des vierges folles, fantastiques, Calaganes, désespérées, et tout ce qu'il vous plaira, et qu'il les noircit par tant d'autres médisances, qui ont mérité la censure de feu M. l'archevêque de Paris? Quand il calomnie des prêtres dont les moeurs sont irréprochables, jusqu'à dire, I part., p. 22: Qu'ils pratiquent des nouveautés dans les confessions, pour attraper les belles et les innocentes; et qu'il aurait horreur de rapporter les crimes abominables qu'ils commettent, n'est-ce pas une témérité insupportable d'avancer des impostures si noires, non seulement sans preuve, mais sans la moindre ombre et sans la moindre apparence? je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet, et je remets à vous en parler plus au long une autre fois: car j'ai à vous entretenir sur cette matière, et ce que j'ai dit suffit pour faire voir combien vous péchez contre la vérité et la discrétion tout ensemble.

Mais on dira peut-être que vous ne péchez pas au moins contre la dernière règle, qui oblige d'avoir le désir du salut de ceux qu'on décrie, et qu'on ne saurait vous en accuser sans violer le secret de votre coeur, qui n'est connu que de Dieu seul. C'est une chose étrange, mes Pères, qu'on ait néanmoins de quoi vous en convaincre; que, votre haine contre vos adversaires ayant été jusqu'à souhaiter leur perte éternelle, votre aveuglement ait été jusqu'à découvrir un souhait si abominable; que, bien loin de former en secret des désirs de leur salut, vous ayez fait en public des voeux pour leur damnation; et qu'après avoir produit ce malheureux souhait dans la ville de Caen avec le scandale de toute l'Eglise, vous ayez osé depuis soutenir encore à Paris, dans vos livres imprimés, une action si diabolique. Il ne se peut rien ajouter à ces excès contre la piété: railler et parler indignement des choses les plus sacrées; calomnier les vierges et les prêtres faussement et scandaleusement; et enfin former des désirs et des voeux pour leur damnation. Je ne sais, mes Pères, si vous n'êtes point confus, et comment vous avez pu avoir la pensée de m'accuser d'avoir manqué de charité, moi qui n'ai parlé qu'avec tant de vérité et de retenue, sans faire de réflexion sur les horribles violements de la charité, que vous faites vous-mêmes par de si déplorables emportements.

Enfin, mes Pères, pour conclure, par un autre reproche que vous me faites, de ce qu'entre un si grand nombre de vos maximes que je rapporte, il y en a quelques-unes qu'on vous avait déjà objectées, sur quoi vous vous plaignez de ce que je redis contre vous ce qui avait été dit, je réponds que c'est au contraire parce que vous n'avez pas profité de ce qu'on vous l'a déjà dit, que je vous le redis encore: car quel fruit a-t-il paru de ce que de savants docteurs et l'Université entière vous en ont repris par tant de livres? Qu'ont fait vos Pères Annat, Caussin, Pinthereau et Le Moyne, dans les réponses qu'ils y ont faites, sinon de couvrir d'injures ceux qui leur avaient donné ces avis si salutaires? Avez-vous supprimé les livres où ces méchantes maximes sont enseignées? En avez-vous réprimé les auteurs? En êtes-vous devenus plus circonspects? Et n'est-ce pas depuis ce temps-là qu'Escobar a tant été imprimé de fois en France et aux Pays-Bas; et que vos Pères Cellot, Bagot Bauny, Lamy, Le Moyne et les autres, ne cessent de publier tous les jours les mêmes choses, et de nouvelles encore aussi licencieuses que jamais? Ne vous plaignez donc plus, mes Pères, ni de ce que je vous ai reproché des maximes que vous n'avez point quittées, ni de ce que je vous en ai objecté de nouvelles, ni de ce que j'ai ri de toutes. Vous n'avez qu'à les considérer pour y trouver votre confusion et ma défense. Qui pourra voir, sans en rire, la décision du Père Bauny pour celui qui fait brûler une grange: celle du P. Cellot, pour la restitution: le règlement de Sanchez en faveur des sorciers: la manière dont Hurtado fait éviter le péché du duel en se promenant dans un champ, et y attendant un homme: les compliments du P. Bauny pour éviter l'usure: la manière d'éviter la simonie par un détour d'intention, et celle d'éviter le mensonge, en parlant tantôt haut, tantôt bas, et le reste des opinions de vos docteurs les plus graves? En faut-il davantage, mes Pères, pour me justifier? Et y a-t-il rien de mieux dû à la vanité et à la faiblesse de ces opinions que la risée, selon Tertullien? Mais, mes Pères, la corruption des moeurs que vos maximes apportent est digne d'une autre considération, et nous pouvons bien faire cette demande avec le même Tertullien: Faut-il rire de leur folie, ou déplorer leur aveuglement? Rideam vanitatem, an exprobrem, coecitatem? Je crois, mes Pères, qu'on peut en rire et en pleurer à son choix: Hoec tolerabilius vel ridentur, vel flentur, dit saint Augustin. Reconnaissez donc qu'il-y a un temps de rire et un temps de pleurer, selon l'Ecriture. Et je souhaite, mes Pères, que je n'éprouve pas en vous la vérité de ces paroles des Proverbes: Qu'il y a des personnes si peu raisonnables, qu'on n'en peut avoir de satisfaction, de quelque manière qu'on agisse avec eux, soit qu'on rie, soit qu'on se mette en colère.

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Tradução inglêsa :http://oregonstate.edu/instruct/phl302/texts/pascal/letters-contents.html

1660
PROVINCIAL LETTERS

by Blaise Pascal
translated by Thomas M'Crie

LETTER XI

TO THE REVEREND FATHERS, THE JESUITS



August 18, 1656
REVEREND FATHERS,

I have seen the letters which you are circulating in opposition to
those which I wrote to one of my friends on your morality; and I perceive that one of the principal points of your defence is that I have not spoken of your maxims with sufficient seriousness. This charge you repeat in all your productions, and carry it so far as to allege, that I have been "guilty of turning sacred things into ridicule."


What, fathers! must the vagaries of your doctors pass for the
verities of the Christian faith, and no man be allowed to ridicule Escobar, or the fantastical and unchristian dogmas of your authors, without being stigmatized as jesting at religion? Is it possible you can have ventured to reiterate so often an idea so utterly unreasonable? Have you no fears that, in blaming me for laughing at your absurdities, you may only afford me fresh subject of merriment; that you may make the charge recoil on yourselves, by showing that I have really selected nothing from your writings as the matter of raillery but what was truly ridiculous; and that thus, in making a jest of your morality, I have been as far from jeering at holy things, as the doctrine of your casuists is far from being the holy doctrine of the Gospel?

Indeed, reverend sirs, there is a vast difference between laughing
at religion and laughing at those who profane it by their extravagant opinions. It were impiety to be wanting in respect for the verities which the Spirit of God has revealed; but it were no less impiety of another sort to be wanting in contempt for the falsities which the spirit of man opposes to them. For, fathers (since you will force me into this argument), I beseech you to consider that, just in proportion as Christian truths are worthy of love and respect, the contrary errors must deserve hatred and contempt; there being two things in the truths of our religion: a divine beauty that renders them lovely, and a sacred majesty that renders them venerable; and two things also about errors: an impiety, that makes them horrible, and an impertinence that renders them ridiculous. For these reasons, while the saints have ever cherished towards the truth the twofold sentiment of love and fear- the whole of their wisdom being comprised between fear, which is its beginning, and love, which is its end- they have, at the same time, entertained towards error the twofold feeling of hatred and contempt, and their zeal has been at once employed to repel, by force of reasoning, the malice of the wicked, and to chastise, by the aid of ridicule, their extravagance and folly.

Do not then expect, fathers, to make people believe that it is
unworthy of a Christian to treat error with derision. Nothing is easier than to convince all who were not aware of it before that this practice is perfectly just- that it is common with the fathers of the Church, and that it is sanctioned by Scripture, by the example of the best of saints, and even by that of God himself. Do we not find God at once hates and despises sinners; so that even at the hour of death, when their condition is most sad and deplorable, Divine Wisdom adds mockery to the vengeance which consigns them to eternal punishment? "In interitu vestro ridebo et subsannabo- I will laugh at your calamity." The saints, too, influenced by the same feeling, will join in the derision; for,
according to David, when they witness the punishment of the wicked, "they shall fear, and yet laugh at it- videbunt justi et timebunt, et super eum ridebunt." And Job says: "Innocens subsannabit eos- The innocent shall laugh at them." It is worthy of remark here that the very first words which God addressed to man after his fall contain, in the opinion of the fathers, "bitter irony" and mockery. After Adam had disobeyed his Maker, in the hope, suggested by the devil, of being like God, it appears from Scripture that God, as a punishment, subjected him to death; and after having reduced him to this miserable condition, which was due to his sin, He taunted him in that state with the following terms of derision: "Behold, the man has become as one of us!- Ecce Adam quasi unus ex nobis!"- which, according to St. Jerome and the interpreters, is "a grievous and cutting piece of irony," with which God "stung him to the quick." "Adam," says Rupert, "deserved to be taunted in this manner, and he would be naturally made to feel his folly more acutely by this ironical expression than by a more serious one." St. Victor, after making the same remark, adds, "that this irony was due to his sottish credulity, and that this species of rainery is an act of justice, merited by him against whom it was directed."

Thus you see, fathers, that ridicule is, in some cases, a very
appropriate means of reclaiming men from their errors, and that it is accordingly an act of justice, because, as Jeremiah says, "the actions of those that err are worthy of derision, because of their
vanity- vana sunt es risu digna." And so far from its being impious to laugh at them, St. Augustine holds it to be the effect of divine wisdom: "The wise laugh at the foolish, because they are wise, not after their own wisdom, but after that divine wisdom which shall laugh at the death of the wicked." The prophets, accordingly, filled with the Spirit of God, have availed themselves of ridicule, as we find from the examples of Daniel and Elias.

In short, examples of it are not wanting in the
discourses of Jesus Christ himself. St. Augustine remarks that, when he would humble Nicodemus, who deemed himself so expert in his knowledge of the law, "perceiving him to be pulled up with pride, from his rank as doctor of the Jews, he first beats down his presumption by the magnitude of his demands, and, having reduced him so low that he was unable to answer, What! says he, you a master in Israel, and not know these things!- as if he had said, Proud ruler, confess that thou knowest nothing." St. Chrysostom and St. Cyril likewise observe upon this that "he deserved to be ridiculed in this manner." You may learn from this, fathers, that should it so happen, in our day that persons who enact the part of "masters" among Christians, as Nicodemus and the Pharisees did among the Jews, show themselves so ignorant of the first principles of religion as to maintain, for
example, that "a man may be saved who never loved God all his life," we only follow the example of Jesus Christ when we laugh at such a combination of ignorance and conceit.

I am sure, fathers, these sacred examples are sufficient to

convince you that to deride the errors and extravagances of man is not inconsistent with the practice of the saints; otherwise we must blame that of the greatest doctors of the Church, who have been guilty of it- such as St. Jerome, in his letters and writings against Jovinian, Vigilantius, and the Pelagians; Tertullian, in his Apology against the follies of idolaters; St. Augustine against the monks of Africa, whom he styles "the hairy men"; St. Irenaeus the Gnostics; St. Bernard and the other fathers of the Church, who, having been the imitators of the apostles, ought to be imitated by the faithful in all time coming; for, say what we will, they are the true models for Christians, even of the present day. In following such examples, I conceived that I could not go far wrong; and, as I think I have sufficiently established this position, I shall only add, in the admirable words of Tertullian, which give the true explanation of the whole of my proceeding in this matter: "What I have now done is only a little sport before the real combat. I have rather indicated the wounds that might be given
you than inflicted any. If the reader has met with passages which have excited his risibility, he must ascribe this to the subjects themselves. There are many things which deserve to be held up in this way to ridicule and mockery, lest, by a serious refutation, we should attach a weight to them which they do not deserve. Nothing is
effect, it is a duty to avail ourselves of it." Do you not think fathers, that this passage is singularly applicable to our subject? The letters which I have hitherto written are "merely a little sport before a real combat." As yet, I have been only playing with the foils and "rather indicating the wounds that might be given you than inflicting any." I have merely exposed your passages to the light, without making scarcely a reflection on them. "If the reader has met with any that have excited his risibility, he must ascribe this to the subjects themselves." And, indeed, what is more fitted to raise a laugh than to see a matter so grave as that of Christian morality decked out with fancies so grotesque as those in which you have exhibited it? One is apt to form such high anticipations of these maxims, from being told that "Jesus Christ himself has revealed them to the fathers of the Society," that when one discovers among them such absurdities as "that a priest, receiving money to say a mass, may take additional sums from other persons by giving up to them his own share in the sacrifice"; "that a monk is not to be excommunicated for putting off his habit, provided it is to dance, swindle, or go incognito into infamous houses"; and "that the duty of hearing mass may be fulfilled by listening to four quarters of a mass at once from different priests"- when, I say, one listens to such decisions as these, the surprise is such that it is impossible to refrain from laughing; for nothing is more calculated to produce that emotion than a startling contrast between the thing looked for and the thing looked at. And why should the greater part of these maxims be treated in any other way? As Tertullian says, "To treat them seriously would be to sanction them." What! is it necessary to bring up all the forces of Scripture and tradition, in order to prove that running a sword through a man's body, covertly and behind his back, is to murder him in treachery? or, that to give one money as a motive to resign a benefice, is to purchase the benefice? Yes, there are things which it is duty to despise, and which "deserve only to be laughed at." In short, the remark of that ancient author, "that nothing is more due to vanity than derision, with what follows, applies to the case before us so justly and so convincingly, as to put it beyond all question that we may laugh at errors without violating propriety. And let me add, fathers, that this may be done without any breach of charity either, though this is another of the charges you
bring against me in your publications. For, according to St. Augustine, "charity may sometimes oblige us to ridicule the errors of men, that they may be induced to laugh at them in their turn, and renounce them- Haec tu misericorditer irride, ut eis ridenda ac fugienda commendes." And the same charity may also, at other times, bind us to repel them with indignation, according to that other saying of St. Gregory of Nazianzen: "The spirit of meekness and charity hath its emotions and its heats." Indeed, as St. Augustine observes, "who would venture to say that truth ought to stand disarmed against falsehood, or that the enemies of the faith shall be at liberty to
frighten the faithful with hard words, and jeer at them with lively sallies of wit; while the Catholics ought never to write except with a coldness of style enough to set the reader asleep?"

Is it not obvious that, by following such a course, a wide door
would be opened for the introduction of the most extravagant and pernicious dogmas into the Church; while none would be allowed to treat them with contempt, through fear of being charged with violating propriety, or to confute them with indignation, from the dread of being taxed with want of charity? Indeed, fathers! shall you be allowed to maintain, "that it is lawful to kill a man to avoid a box on the ear or an affront," and must nobody be permitted publicly to expose a public error of such consequence? Shall you be at liberty to say, "that a judge may in conscience retain a fee received for an act of injustice," and shall no one be at liberty to contradict you? Shall you print, with the privilege and approbation of your doctors, "that a man may be saved without ever having loved God"; and will you shut the mouth of those who defend the true faith, by telling them that they would violate brotherly love by attacking you, and Christian modesty by laughing at your maxims? I doubt, fathers, if there be any persons whom you could make believe this; if however, there be any such, who are really persuaded that, by denouncing your morality, I have been deficient in the charity which I owe to you, I would have them examine, with great jealousy, whence this feeling takes its rise within them. They may imagine that it proceeds from a holy zeal, which will not allow
them to see their neighbour impeached without being scandalized at it; but I would entreat them to consider that it is not impossible that it may flow from another source, and that it is even extremely likely that it may spring from that secret, and often self-concealed dissatisfaction, which the unhappy corruption within us seldom fails to stir up against those who oppose the relaxation of morals. And, to furnish them with a rule which may enable them to ascertain the real principle from which it proceeds, I will ask them if, while they lament the way in which the religious have been treated, they lament still more the manner in which these religious have treated the truth; if they are incensed, not only against the letters, but still more against the maxims quoted in them. I shall grant it to be barely possible that their resentment proceeds from some zeal, though not of the most enlightened kind; and, in this case, the passages I have just cited from the fathers will serve to enlighten them. But if they are merely angry at the reprehension, and not at the things reprehended, truly, fathers, I shall never scruple to tell them that they are grossly mistaken, and that their zeal is miserably blind.

Strange zeal, indeed! which gets angry at those that censure
public faults, and not at those that commit them! Novel charity this, which groans at seeing error confuted, but feels no grief at seeing morality subverted by that error. If these persons were in
danger of being assassinated, pray, would they be offended at one advertising them of the stratagem that had been laid for them; and instead of turning out of their way to avoid it, would they trifle away their time in whining about the little charity manifested in discovering to them the criminal design of the assassins? Do they get waspish when one tells them not to eat such an article of food, because it is poisoned? or not to enter such a city, because it has the plague?

Whence comes it, then, that the same persons who set down a man as
wanting in charity, for exposing maxims hurtful to religion, would, on the contrary, think him equally deficient in that grace were he not to disclose matters hurtful to health and life, unless it be from this, that their fondness for life induces them to take in good part every hint that contributes to its preservation, while their indifference to truth leads them, not only to take no share in its defence, but even to view with pain the efforts made for the extirpation of falsehood?

Let them seriously ponder, as in the sight of God, how shameful,
and how prejudicial to the Church, is the morality which your casuists are in the habit of propagating; the scandalous and unmeasured license which they are introducing into public manners; the obstinate and violent hardihood with which you support them. And if they do not
think it full time to rise against such disorders, their blindness is as much to be pitied as yours, fathers; and you and they have equal reason to dread that saying of St. Augustine, founded on the words of Jesus Christ, in the Gospel: "Woe to the blind leaders! woe to the blind followers!- Vae caecis ducentibus! vae caecis sequentibus!"
But, to leave you no room in future, either to create such impressions on the minds of others, or to harbour them in your own, I shall tell you, fathers (and I am ashamed I should have to teach you what I should have rather learnt from you), the marks which the fathers of the Church have given for judging when our animadversions flow from a principle of piety and charity, and when from a spirit of malice and impiety.

The first of these rules is that the spirit of piety always
prompts us to speak with sincerity and truthfulness; whereas malice and envy make use of falsehood and calumny. "Splendentia et vehementia, sed rebus veris- Splendid and vehement in words, but true in things," as St. Augustine says. The dealer in falsehood is an agent of the devil. No direction of the intention can sanctify slander; and though the conversion of the whole earth should depend on it, no man may warrantably calumniate the innocent: because none may do the least evil, in order to accomplish the greatest good; and, as the Scripture says, "the truth of God stands in no need of our lie."

St. Hilary observes that "it is the bounden duty of the advocates of
truth, to advance nothing in its support but true things." Now, fathers, I can declare before God that there is nothing that I detest more than the slightest possible deviation from the truth, and that I have ever taken the greatest care, not only not to falsify (which would be horrible), but not to alter or wrest, in the slightest possible degree, the sense of a single passage. So closely have I adhered to this rule that, if I may presume to apply them to the present case, I may safely say, in the words of the same St. Hilary: "If we advance things that are false, let our statements be branded with infamy; but if we can show that they are public and notorious, it is no breach of apostolic modesty or liberty to expose them."

It is not enough, however, to tell nothing but the truth; we
must not always tell everything that is true; we should publish only those things which it is useful to disclose, and not those which can only hurt, without doing any good. And, therefore, as the first rule is to speak with truth, the second is to speak with discretion. "The wicked," says St. Augustine, "in persecuting the good, blindly follow the dictates of their passion; but the good, in their prosecution of the wicked, are guided by a wise discretion, even as the surgeon warily considers where he is cutting, while the murderer cares not where he strikes." You must be sensible, fathers, that in selecting from the maxims of your authors, I have refrained from quoting those which would have galled you most, though I might have done it, and that without sinning against discretion, as others who were both learned and Catholic writers, have done before me. All who have read your authors know how far I have spared you in this respect. Besides, I have taken no notice whatever of what might be brought against individual characters among you; and I would have been extremely sorry to have said a word about secret and personal failings, whatever evidence I might have of them, being persuaded that this is the distinguishing property of malice, and a practice which ought never to be resorted to, unless where it is urgently demanded for the good of the Church. It is obvious, therefore, that, in what I have been compelled to advance against your moral maxims, I have been by no means wanting in due consideration: and that you have more reason to congratulate yourself on my moderation than to complain of my indiscretion.

The third rule, fathers, is: That when there is need to employ a
little raillery, the spirit of piety will take care to employ it against error only, and not against things holy; whereas the spirit of buffoonery, impiety, and heresy, mocks at all that is most sacred. I have already vindicated myself on that score; and indeed there is no great danger of falling into that vice so long as I confine my remarks to the opinions which I have quoted from your authors.


In short, fathers, to abridge these rules, I shall only mention
another, which is the essence and the end of all the rest: That the spirit of charity prompts us to cherish in the heart a desire for the salvation of those against whom we dispute, and to address our prayers to God while we direct our accusations to men. "We ought ever," says St. Augustine, "to preserve charity in the heart, even while we are obliged to pursue a line of external conduct which to man has the appearance of harshness; we ought to smite them with a sharpness, severe but kindly, remembering that their advantage is more
to be studied than their gratification." I am sure, fathers, that there is nothing in my letters from which it can be inferred that I have not cherished such a desire towards you; and as you can find nothing to the contrary in them, charity obliges you to believe that I have been really actuated by it. It appears, then, that you cannot prove that I have offended against this rule, or against any of the other rules which charity inculcates; and you have no right to say, therefore, that I have violated it.

But, fathers, if you should now like to have the pleasure of
seeing, within a short compass, a course of conduct directly at variance with each of these rules, and bearing the genuine stamp of the spirit of buffoonery, envy, and hatred, I shall give you a few examples of it; and, that they may be of the sort best known and most familiar to you, I shall extract them from your own writings.

To begin, then, with the unworthy manner in which your authors
speak of holy things, whether in their sportive and gallant effusions, or in their more serious pieces, do you think that the parcel of ridiculous stories, which your father Binet has introduced into his Consolation to the Sick, are exactly suitable to his professed object, which is that of imparting Christian consolation to those whom God has chastened with affliction? Will you pretend to say that the profane, foppish style in which your Father Le Moine has talked of piety in his Devotion made Easy is more fitted to inspire respect than contempt for the picture that he draws of Christian virtues? What else does his whole book of Moral Pictures breathe, both in its prose and poetry, but a spirit full of vanity, and the follies of this world? Take, for example, that ode in his seventh book, entitled, "Eulogy on Bashfulness, showing that all beautiful things are red, or inclined to redden." Call you that a production worthy of a priest? The ode is intended to comfort a lady, called Delphina, who was sadly addicted to blushing. Each stanza is devoted to show that certain red things are the best of things, such as roses, pomegranates, the mouth, the tongue; and it is in the midst of this badinage, so disgraceful in a clergyman, that he has the effrontery to introduce those blessed spirits that minister before God, and of whom no Christian should speak without reverence:

"The cherubim- those glorious choirs-
Composed of head and plumes,
Whom God with His own Spirit inspires,
And with His eyes illumes.
These splendid faces, as they fly,
Are ever red and burning high,
With fire angelic or divine;
And while their mutual flames combine,
The waving of their wings supplies
A fan to cool their ecstasies!
But redness shines with better grace,
Delphina, on thy beauteous face,
Where modesty sits revelling-
Arrayed in purple, like a king," &c.

What think you of this, fathers? Does this preference of the blushes of Delphina to the ardour of those spirits, which is neither more nor less than the ardour of divine love, and this simile of the fan applied to their mysterious wings, strike you as being very Christian-like in the lips which consecrate the adorable body of Jesus Christ? I am quite aware that he speaks only in the character of a gallant and to raise a smile; but this is precisely what is called laughing at things holy. And is it not certain, that, were he to get full justice, he could not save himself from incurring a censure? although, to shield himself from this, he pleads an excuse which is hardly less censurable than the offence, "that the Sorbonne has no jurisdiction over Parnassus, and that the errors of that land are subject neither to censure nor the Inquisition"; as if one could act the blasphemer and profane fellow only in prose! There is another passage, however, in the preface, where even this excuse fails him, when he says, "that the water of the river, on whose banks he composes his verses, is so apt to make poets, that, though it were converted into holy water, it would not chase away the demon of poesy." To match this, I may add the following flight of your Father Garasse, in his Summary of the Capital Truths in Religion, where, speaking of the sacred mystery of the incarnation, he mixes up blasphemy and heresy in this fashion: "The human personality was grafted, as it were, or set on horseback, upon the personality of the Word!" And omitting many others, I might mention another passage from the same author, who, speaking on the subject of the name of Jesus, ordinarily written thus, + I.H.S. observes that "some have taken away the cross from the top of it, leaving the characters barely thus, I.H.S.- which," says he, "is a stripped Jesus!"

Such is the indecency with which you treat the truths of religion,
in the face of the inviolable law which binds us always to speak of them with reverence. But you have sinned no less flagrantly against the rule which obliges us to speak of them with truth and discretion. What is more common in your writings than calumny? Can those of Father Brisacier be called sincere? Does he speak with truth when he says that "the nuns of Port-Royal do not pray to the saints, and have no images in their church?" Are not these most outrageous falsehoods, when the contrary appears before the eyes of all Paris? And can he be said to speak with discretion when he stabs the fair reputation of these virgins, who lead a life so pure and austere, representing them as "impenitent, unsacramentalists, uncommunicants, foolish virgins, visionaries, Calagans, desperate creatures, and anything you please," loading them with many other slanders, which have justly incurred the censure of the late Archbishop of Paris? Or when he calumniates priests of the most irreproachable morals, by asserting "that they practise novelties in confession, to entrap handsome innocent females, and that he would be horrified to tell the abominable crimes which they commit." Is it not a piece of intolerable assurance to advance slanders so black and base, not merely without proof, but without the slightest shadow, or the most distant semblance of truth? I shall not enlarge on this topic, but defer it to a future occasion, for I have something more to say to you about it; but what I have now produced is enough to show that you have sinned at once against truth and discretion. But it may be said, perhaps, that you have not offended against the last rule at least, which binds you to desire the salvation of those whom you denounce, and that none can charge you with this, except by unlocking the secrets of your breasts, which are only known to God. It is strange, fathers, but true, nevertheless, that we can convict you even of this offence; that while your hatred to your opponents has carried you so far as to wish their eternal perdition, your infatuation has driven you to discover the abominable wish that, so far from cherishing in secret desires for their salvation, you have offered up prayers in public for their damnation; and that, after having given utterance to that hideous vow in the city of Caen, to the scandal of the whole Church, you have since then ventured, in Paris, to vindicate, in your printed books, the diabolical transaction. After such gross offences against piety, first ridiculing and speaking lightly of things the most sacred; next falsely and scandalously calumniating priests and virgins; and lastly, forming desires and prayers for their damnation, it would be difficult to add anything worse. I cannot conceive, fathers, how you can fail to be ashamed of yourselves, or how you could have thought for an instant of charging me with a want of charity, who have acted all along with so much truth and moderation, without reflecting on your own horrid violations of charity, manifested in those deplorable exhibitions, which make the charge recoil against yourselves.

In fine, fathers, to conclude with another charge which you
bring against me, I see you complain that among the vast number of your maxims which I quote, there are some which have been objected to already, and that I "say over again, what others have said before me." To this I reply that it is just because you have not profited by what has been said before that I say it over again. Tell me now what fruit has appeared from all the castigations you have received in all the books written by learned doctors and even the whole University? What more have your Fathers Annat, Caussin, Pintereau, and Le Moine done, in the replies they have put forth, except loading with reproaches those who had given them salutary admonitions? Have you suppressed the books in which these nefarious maxims are taught? Have you restrained the authors of these maxims? Have you become more circumspect in regard to them? On the contrary, is it not the fact that since that time Escobar has been repeatedly reprinted in France and in the Low Countries, and that your fathers Cellot, Bagot, Bauny, Lamy, Le Moine, and others, persist in publishing daily the same maxims over again, or new ones as licentious as ever? Let us hear no more complaints, then, fathers, either because I have charged you with maxims which you have not disavowed, or because I have objected to some new ones against you, or because I have laughed equally at them all. You have only to sit down and look at them, to see at once your own confusion and my defence. Who can look without laughing at the decision of Bauny, respecting the person who employs another to set fire to his neighbour's barn; that of Cellot on restitution; the rule of Sanchez in favour of sorcerers; the plan of Hurtado for avoiding the sin of duelling by taking a walk through a field and waiting for a man; the compliments of Bauny for escaping usury; the way of avoiding simony by a detour of the intention, and keeping clear of falsehood by speaking high and low; and such other opinions of your most grave and reverend doctors? Is there anything more necessary, fathers, for my vindication? And, as Tertullian says, "can anything be more justly due to the vanity and weakness of these opinions than laughter?" But, fathers, the corruption of manners, to which your maxims lead, deserves another sort of consideration; and it becomes us to ask, with the same ancient writer: "Whether ought we to laugh at their folly, or deplore their blindness?- Rideam vanitatem, an exprobrem caecitatem?" My humble opinion is that one may either laugh at them or weep over them, as one is in the humour. "Haec tolerabilius vel ridentur, vel flentur, " as St. Augustine says. The Scripture tells us that "there is a time to laugh, and a time to weep"; and my hope is, fathers, that I may not
find verified, in your case, these words in the Proverbs: "If a wise man contendeth with a foolish man, whether he rage or laugh, there is no rest."

P.S.- On finishing this letter, there was put in my hands one of
your publications, in which you accuse me of falsification, in the case of six of your maxims quoted by me, and also with being in correspondence with heretics. You will shortly receive, I trust, a
suitable reply; after which, fathers, I rather think you will not feel very anxious to continue this species of warfare.